Article #1 : Startup, késako ?

Comme beaucoup d’idées lumineuses chez nous, tout commence pendant une pause de midi. Au détour d’une conversation, on se lance dans un petit jeu : si je te dis startup, quelle est l’image qui te vient en tête ? Jérôme voit un building en construction, Julie et Maxime une fusée. Pour Marken, des personnes autour d’une table, vision à laquelle Nina ajoute des post-it collés aux murs. Parce que oui après tout, une startup, c’est quoi ?

Comme tout le monde y va de son petit commentaire, l’équipe s’est penchée sur la question pour démêler tout ça et vous donner son avis. Selon deux sources très respectées dans le milieu de la définition – j’ai nommé le Larousse et Wikipédia – une startup est une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance dans le secteur de la technologie. En effet, comme il est assez ardu à deviner au vu de son étymologie, startup signifie « société qui démarre ». Mais alors, la petite épicerie qui ouvre en bas de chez vous, c’est une startup ? Non.  Plus sérieusement, selon Patrick Fridenson, historien des entreprises et directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) ce n’est ni par l’âge, la taille ou le secteur d’activité que l’on peut définir une startup. Pour obtenir cette qualification, il faudrait que la structure ait la perspective d’une forte croissance, fasse l’usage d’une technologie nouvelle et fasse l’objet d’un besoin de financement massif via des levées de fonds. Il y ajoute une « notion d’exploration » dans l’activité d’une startup, donc la présence d’un risque difficile à évaluer sur un nouveau marché.

Cette définition induit que la startup est un état temporaire. Tant qu’elle est en phase de croissance exponentielle, elle ne se structure pas. Mais la croissance s’arrête : la startup peut échouer et disparaitre ou réussir. Dans ce cas, elle peut être intégrée à un grand groupe ou devenir elle-même une entreprise. La startup, c’est le moment de magie du départ, où l’on cherche la croissance et non la rentabilité. Mais après ça, le passage à l’entreprise se fait via un cadre plus traditionnel et un modèle économique établi. Et oui Mark, on est désolé mais fallait rester dans ta chambre étudiante avec The Facebook, trop de hiérarchie tue la startup !

Oui, mais non. C’est dans cet argument de poids que se concentre toute la complexité et la richesse de cette définition. Si l’on revient à notre petit jeu de départ, on constate bien que « startup », ça n’évoque pas seulement une structure, une forme entrepreneuriale, mais surtout une « culture startup ». Attention attention, je vous vois venir avec vos gros sabots : « culture startup » ce n’est pas (seulement) des clichés comme une moyenne d’âge de 25 ans dans l’équipe ou des bureaux avec des hamacs et un baby-foot. (Même si, maintenant que vous le dites, on pourrait en toucher un mot aux autres à la prochaine réunion…). La culture startup est liée notamment au couple risque – innovation. Ils font partie intégrante de la définition de Fridenson, pas seulement dans l’activité et la structure mais aussi dans l’esprit. Cela explique que l’on puisse toujours considérer certaines grosses boites comme des startups. La structure évolue, l’esprit peut rester. Certains y voient une forme « d’esprit pionnier », une envie de « casser les codes » dans tous les sens du terme. Parce que ce qui se cache surtout derrière l’esprit « startup », c’est une envie de redonner du sens à sa vie professionnelle. On ne veut plus travailler en entreprise pour obtenir un salaire, on veut vivre un projet. Dans The lean start-up, Eric Ries parle d’une « institution humaine » et chez Redstart, on se retrouve là-dedans.

C’est dans cette optique que nous est venue l’envie de démarrer ce blog. Derrière Redstart, c’est une équipe : les fondateurs, les associés, ceux qui ont pris le train en route, les amis qui n’en font pas partie mais ont toujours été là, les stagiaires et les futurs nouveaux. Et avec eux, des petits cerveaux qui ont leurs avis, leurs idées et leurs humeurs sur cet univers des startups. C’est ce qu’on vous propose de découvrir tous les mois avec un nouvel article sur notre blog.

 

PS : Concernant le débat sur la traduction de startup en « jeune pousse », nous n’avons pas encore tranché. De « pas sexy » à « poétique », les avis sont mitigés dans l’équipe. On vous tiendra au courant des évolutions de ce débat crucial.

 

L’équipe Redstart.